Article DNA du 17 février 2017. Début du chantier annoncé.


Le chantier de restauration extérieure de la chapelle Herzog à Logelbach devrait démarrer d’ici la fin de l’année. La réhabilitation de trois travées est, pour l’instant, programmée.

La blessure n’est pas encore refermée chez les membres actifs de l’association “Les amis de la chapelle Herzog” créée en 2006. Son président, Erwin Wild, sa vice-présidente, Solange Kienlen, sa secrétaire, Dominique Gerrer, et son trésorier, Mario Ossola, ne cachent pas leur peine lorsqu’ils circulent autour de l’édifice religieux, situé au beau milieu du quartier de Logelbach, et qu’ils regardent ces statues martelées, sans visage. « Mon cœur saigne », lâche l’un d’eux.

« Nous n’aurions pas débuté cette réhabilitation sans le soutien de l’Etat » Serge Nicole

C’était en 2009, la municipalité demandait à une société locale de sécuriser le site, certaines pierres menaçant de tomber. L’entreprise effectue alors une véritable purge des statues et des éléments décoratifs sculptés. A tel point que les visages, par exemple, des statues ont été totalement effacés.

L’émoi est important chez ceux qui connaissent la valeur patrimoniale de cet édifice de style néo-gothique, inspiré par la Sainte Chapelle de Paris, construite à l’initiative de l’industriel Herzog de 1860 à 1862. L’opposition s’empare de l’affaire pour mettre à mal le maire, Serge Nicole, et sa majorité. Le media La Tribune de l’art , dénonce le « vandalisme » réalisé sur la chapelle et se demande pourquoi la municipalité ne s’est pas rapprochée de la DRAC (direction régionale des affaires culturelles) à des fins de conseils.

La DRAC est désormais partenaire de la mairie de Wintzenheim qui va démarrer, cette année, une première phase de restauration de la chapelle. « Nous avons désigné un maître d’œuvre, Jean-Luc Isner, architecte du patrimoine, et nous allons effectuer une première tranche de travaux qui va s’étaler sur trois ans », précise Serge Nicole. Une travée par année. Avec comme objectif de poursuivre cet effort dans le futur.

Le coût estimatif de ce chantier est évalué entre 350 et 450 000 €, financé en partie (15 %) par la DRAC. « Nous n’aurions pas débuté cette réhabilitation sans le soutien de l’Etat », souligne le maire.

Cette annonce réjouit les membres de l’association qui font feu de tout bois pour faire connaître cet édifice et récolter des fonds afin de rénover son intérieur. Car le jeu en vaut la chandelle. « La chapelle est un exemple rare de l’art néo-gothique à la française en Alsace », insiste Erwin Wild. Ce dernier assure que, depuis sa réouverture ponctuelle, lors des concerts, le public est au rendez-vous et s’attache à ce lieu. Enfin, la proximité de l’église blanche, première église en béton armé d’Alsace, fait du site « un ensemble exceptionnel pour la région ».

Les subsides de l’association (subventions municipales, mécénat, dons…) ont permis de restaurer en partie l’intérieur de la chapelle : les chandeliers ont retrouvé leur éclat tout comme les anges musicaux et porte-écussons. La tribune en bois a été nettoyée et vernie tout comme une partie des boiseries du chœur.

Tous les artisans d’art ayant participé à ces travaux avaient été réunis lors des dernières journées du patrimoine. « A travers ces chantiers, on fait vivre un patrimoine et on met en valeur le travail remarquable de ces artisans », estime Erwin Wild. « Et puis les gens voient que l’on bouge. Il y a une prise de conscience au niveau du quartier ».

Mais il reste encore tant à faire pour restaurer l’intérieur de la chapelle ! Solange Kienlen montre ainsi une partie des stalles du chœur pas encore lessivées et vernies, quelques portes en bois qui nécessiteraient la même attention, les vitraux, pour certains rafistolés avec du scotch, l’harmonium du début du XXe siècle dont la restauration coûte à elle seule 10 000 €.

Une crypte très originale

Et puis il y a cette originale crypte où sont enterrés une vingtaine de descendants d’Antoine Herzog. Les murs sont peints tout comme le plafond mais l’humidité gagne. Solange Kienlen rêve aussi d’un partenariat avec EDF pour mettre en valeur l’intérieur et l’extérieur de l’édifice religieux.

Dans la dernière lettre de l’association distribuée aux habitants de la commune, la vice-présidente conclut son propos en rappelant que la baisse des dotations publiques oblige l’association à être tributaire des mécènes et des donateurs. L’appel est lancé.

Nicolas Roquejeoffre