Article DNA du 24 juin 2017. Début de la restauration


Le dernier conseil avant l’été aurait pu se terminer sans aucune anicroche entre majorité et opposition. Mais il a fallu une petite question de Guy Daesslé pour mettre le feu aux poudres. Le chef de file de l’opposition a interpellé le maire de Wintzenheim à la suite de la récente parution, dans un mensuel régional, d’un article à charge pour la commune sur la chapelle Herzog.

« Nous n’avons jamais relâché la pression pour que cette restauration puisse se réaliser » Erwin Wild

Article qui revient en détail sur l’épisode malheureux de la purge effectuée en 2009. La municipalité avait, à cette époque, demandé à une société locale de sécuriser le site, certaines pierres menaçant de tomber. L’entreprise avait alors effectué une véritable purge des statues et des éléments décoratifs sculptés. A tel point que les visages, par exemple, de plusieurs statues ont été totalement effacés.

Cet événement a suscité beaucoup d’émoi chez ceux qui connaissent la valeur patrimoniale de cet édifice de style néo-gothique, inspiré par la Sainte Chapelle de Paris, construite à l’initiative de l’industriel Herzog de 1860 à 1862.

L’ancien maire a donc demandé à son successeur « où en était la plainte déposée par la direction régionale des affaires culturelles (DRAC) ». « Il n’y a jamais eu de plainte chez le procureur, lui a rétorqué Serge Nicole, et je n’ai jamais été entendu dans cette affaire ». Le maire lui a rappelé qu’il avait fait appel à cette société « pour des raisons de sécurité ». « Lorsque vous étiez aux affaires, vous avez également fait une purge ! »

Etonnement de Guy Daesslé : « C’est totalement faux. Nous avons enlevé une rambarde qui menaçait de tomber, c’est tout. Cela n’a rien à voir avec les détériorations faites sur la chapelle ».

Fatigué par la polémique, Serge Nicole a laissé son adjoint, Denis Arndt, évoquer les futurs travaux. « Une première phase de restauration va démarrer à la mi-juillet. Des échafaudages seront posés côté est, côté Notre-Dame de l’Assomption, sur une première travée. Il s’agit d’une phase expérimentale voulue par la DRAC et l’architecte des bâtiments de France », a souligné Denis Arndt. Deux statues sont concernées dont celle représentant saint Jean. Son visage a entièrement disparu.

Deux autres tranches suivront (voir ci-dessous). Selon Denis Arndt, le coût global de ce chantier qui court jusqu’en 2019 est évalué à 666 000 € dont 380 000 € en autofinancement. La DRAC prendra en charge 15 % du montant et la municipalité attend une subvention de la Région.

Cette nouvelle rassure l’association des amis de la chapelle Herzog présidée par Erwin Wild et créée en 2006. « Nous n’avons jamais relâché la pression pour que cette restauration puisse se réaliser ». Une pression amicale d’une association qui organise chaque année plusieurs concerts dont les bénéfices permettent de rénover l’intérieur de l’édifice religieux (DNA du 17 février). Les subsides de l’association (subventions municipales, mécénat, dons…) ont déjà permis de restaurer les chandeliers tout comme les anges musicaux et porte écussons. La tribune en bois a été nettoyée et vernie tout comme une partie des boiseries du chœur.

Nicolas Roquejeoffre.